Acropole

Ô passager numérique, toi qui avec hardiesse passe le seuil de notre cité, à Bominus offre un sacrifice digne de Chronos, un peu de temps en notre antique et décadente compagnie.

Agora

Chronos

juin 2010
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« J’espère que vous ne m’en voulez pas de vous avoir dérangé ; j’ai quelque chose qui me tourmente, vous avez dû le deviner.

-Mais non, j’ai pensé simplement que vous aviez envie de me voir et j’ai trouvé ça très gentil. J’étais enchanté que vous m’ayez fait demander. Mais quoi? ça ne va pas, alors? Qu’est-ce qu’il y a pour votre service? »

Il écoutait mes explications, me répondait avec précision ; mais avant même qu’il eut parlé, il m’avait fait semblable à lui ; à coté des occupations importantes qui le faisait si pressé, si alerte, si content, les ennuis qui m’empêchaient tout à l’heure de rester un instant sans souffrir me semblaient, comme à lui, négligeables ; j’étais comme un homme qui, ne pouvant ouvrir les yeux depuis plusieurs jours, fait appeler un médecin lequel avec adresse et douceur lui écarte la paupière, lui enlève et lui montre un grain de sable ; le malade est guéri et rassuré. Tous mes tracas se résolvaient en un télégramme que Saint-Loup se chargeait de faire partir. La vie me semblait si différente, si belle, j’étais inondé d’un tel trop plein de force que je voulais agir.

Bon, c’est sans doute pas la plus belle citation de ce sublime roman. Mais c’est un peu ma façon de faire une chaine de powerpoint avec des anges et des bébés, un truc qui se veut naïvement optimiste et stupidement crédule dans l’avenir. Si vous avez un Saint-Loup dans vos ami, si l’homme ou la femme que vous aimez vous rassure à la manière de ce noble coeur (Robert de son petit nom), dirigez le vers le bominus, taguez le dans les comms, je sais pas… j’espère qu’il y a plein de Robert, autour de vous et dans vos coeurs, mais j’en doute aussi je ne signerai pas avec un gif animé de licorne ou autre mièvrerie…

quoique…

A la vitre sale et rayée s’accrochent mollement les haillons d’or du soir d’été ; tête tombée sur l’épaule, il dort. Mâchoire béante et nuque molle, tressautant au rythme lent du wagon. Les arrêts s’égrainent, pas un frissonnement sur sa narine, pas un murmure, pas un râle. Il dort, souriant. Il pue.

Les nuages… les merveilleux nuages. Sur mes muscles sans peau, j’accueille leur lumière. Ma putrissure s’emballe, rugit dans mon ventre et s’achève dans ma bouche, emplie de son goût amer et moite. Elle me recouvre. Je la lèche et la rentre furieusement dans ma gorge douloureuse ; mais ma langue est noire, déjà, de son secret.

Il y a le jeune et le vieux. Il y a le jeune qui couve le vieux qui suçote un kinder. Derrière le vieux, arrimés au fauteuil, un sac débordant de buenos -chocolat au lait et chocolat blanc. Le vieux sait vivre mais ça va fondre. Je m’arrache un oeil avec une cuillère : sait-on vivre?

Il gît au sol et tout le monde s’en fout. Il gît au sol et je voudrais m’en foutre : par mon nombril béant s’écoule mon intestin.

je pense à A, trop longtemps je pense, je m allonge , je parle à M, mais je pense à A.


je sais que je m accroche trop vite, que je pense trop vite , que je panique trop vite, mais je pense à A.

http://www.youtube.com/user/portishead1002?blend=1&ob=4#p/u/7/EpqhMWxGdp0
la journée s’enchaine en discutions avec M sur le net, avec l autre M sur le net, avec J au téléphone puis avec l autre A au téléphone. N est est là toujours là à me soutenir encore et encore, je ne sais pas si je dois souffrir ou continuer à essayer de dormir, continuer d oublier.

je discute avec M et manque de passer la limite du raisonnable dans mes propos sur ma famille , J me retéléphone et je peux envisager un avenir, le tps d un appel, le tps d entendre ses enfants et de me dire que peut être . mais je replonge et pense à A, j envoie un texto maladroit , je me dis que demain je vais avoir la gueule de bois, enfin comme tous les jours et que finalement j aurai peut etre digéré mes déceptions.

la politique ne me touche plus, ma famille ne me touche plus , il ne me reste plus grand chose pour paniquer. je n envisage plus l avenir que dans les mares de café que je laisse sur mes vieilles feuilles de cours. je veux disparaître mais depuis que j ai 15 ans ce phantasme est récurrent … je ne devrai plus répondre au téléphone, ne plus me montrer en public , laisser aller les choses comme elles viennent, laisser mes besoins de dépressions récurrentes aller et venir.

d ailleurs je n ai pas vraiment de passé, et puis l avenir je n ai qu a l inventer, ou finalement laisser les gens le faire …

< »chase the tear » de portishead>
je flotte et je ne veux plus réfléchir, ni a la politique , ni a ma famille, ni a A. je crois que je flotte …

>robert downey sr<