Acropole

Ô passager numérique, toi qui avec hardiesse passe le seuil de notre cité, à Bominus offre un sacrifice digne de Chronos, un peu de temps en notre antique et décadente compagnie.

Agora

Chronos

novembre 2009
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Solitude0002Le goût de ce fluide qui coule sur mes lèvres, me rappelle que,  finalement, je ne suis pas encore mort. Mon départ programmé vers les vastes étendues de mes songes, n’est qu’un doux murmure tellement la douleur de mes os me taraude. D’un désert, je m’échoue sur le sable, simple grain de raisin s’échappant d’une corne d’abondance. Mes yeux me brûlent, mais qu’ai-je besoin de voir tant je ressens l’immensité et la richesse de ce lieu? Je recrache ce liquide qui m’a bercé jusqu’ici et, lourdement, je rampe. Mes bras trainent ma carcasse parmi les membres désarticulés de mon embarcation jusqu’à ne plus sentir sous mes doigts ces graines de rochers stériles, mais, le picotement d’un tout autre univers, emplissant les plaies de mes mains.

Je souris! mon cadavre avait vaincu l’hôte rusé de Dédale, pour, de sa présence, souiller l’Eden.

Je vois! oui. Un autre bleu, celui de la soif épanchée, un autre gris, celui d’un socle à qui ma vie confiée et poussant comme ma barbe, un autre vert, celui d’une paix retrouvée. Certe, je suis de nouveau seul et pauvre de sollicitude, mais si ce n’est mon âme que je ne puis sustenter, ma chair elle, jouira à son aise.

monstre0001Il est un monde où peu de choses nous y amènent, on peut voguer sans même se rendre compte que nous sommes sur un radeau de fortune et, en une fraction de seconde, l’on se retrouve fracassé sur des rivages obscurs. J’y ai ramé maintes fois pour y échapper mais il serai naïf d’imaginer pouvoir lutter contre cette entité et naturellement je m’y suis échoué. Aujourd’hui j’ai abattu « Ougané », l’unique et massif arbre de ce lopin de terre pour me construire des ailes. J’avais déjà volé ses feuilles pour en faire un abris et là je me retrouve, l’écorce gisante à même le sol, témoin de mon propre crime, témoin de la futilité de mon acte égoïste, accablé de remords. Décidé à ne pas m’envoler, par pénitence, des restes de mon ami je me suis construis une barque, et je cingle par delà les flots d’amertumes vers mon nouveau désert.

vendredi13

zebre

Sarkoboro