Il est un monde où peu de choses nous y amènent, on peut voguer sans même se rendre compte que nous sommes sur un radeau de fortune et, en une fraction de seconde, l’on se retrouve fracassé sur des rivages obscurs. J’y ai ramé maintes fois pour y échapper mais il serai naïf d’imaginer pouvoir lutter contre cette entité et naturellement je m’y suis échoué. Aujourd’hui j’ai abattu « Ougané », l’unique et massif arbre de ce lopin de terre pour me construire des ailes. J’avais déjà volé ses feuilles pour en faire un abris et là je me retrouve, l’écorce gisante à même le sol, témoin de mon propre crime, témoin de la futilité de mon acte égoïste, accablé de remords. Décidé à ne pas m’envoler, par pénitence, des restes de mon ami je me suis construis une barque, et je cingle par delà les flots d’amertumes vers mon nouveau désert.
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